Dans une salle très sombre, une grande table rectangulaire vivement éclairée rassemble une dizaine de personnes assises autour. Au-dessus de la table, un vaste mobile composé d’arcs, de tiges et de fils suspend de petits objets, comme une constellation matérielle au centre de la scène.

Vue d’installation — Maude Arès + Erin Hill + Simon Labbé, La pomme par laquelle je bois, Les Productions Recto-Verso (2023). Image : courtoisie de l’artiste.

La pomme par laquelle je bois

Maude Arès + Erin Hill + Simon Labbé

Performance

Durée approximative de 45 minutes, sans entracte. Aucune entrée après le début de la performance. Représentation assise. Pour toute question d’accessibilité, contactez-nous.

Performance #1 | 20 févr. 2026 | 18 h
places limitées — réservation conseillée

Performance #2 | 21 févr. 2026 | 16 h
places limitées — réservation conseillée

Performance #3 | 21 févr. 2026 | 18 h 30
places limitées — réservation conseillée

Performance #4 | 27 mars 2026 | 18h
places limitées — réservation conseillée

Performance #5 | 27 mars 2026 | 20 h 30
entrée libre — selon la capacité de la salle

Performance #6 | 28 mars 2026 | 16 h
places limitées — réservation conseillée

En collaboration avec Simon Labbé et Erin Hill, nous développons une installation performative mettant en scène des micro-événements entre un amalgame de matériaux.  « La pomme par laquelle je bois » célèbre les modes d'existences matériels. Au centre de la pièce se trouve un grand mobile, sous lequel se tient une table-tableau. Des matières y reposent, d'autres y flottent dans les airs. La performance n'est pas celle des humains mais celle des matières.

Le Danube, dans sa dentelle ondoyante, gravite paisiblement les turbulences de ses fils de soie. L'air lui convient. Par des nœuds simples, une auréole le surplombe dans sa maintenance. Non, loin, le roulement à billes s'est déposé sur le papier. C'est son poids qui freine la circulation de l'orchestre. Il est l'ancre qui roule du vaisseau (des) immortels. Avant qu'il se repose, il fit rencontre du couvercle-paille-rayée-aplati-par-les-pneus-des-voitures. Coude à corde, la roue soulève le breuvage pour le délaisser sur le canevas. La roue, nouée par le fil de la manche décousue de Camille, poursuit, avec hésitation, son parcours. De ses rebonds, il s'emmêle à la longue boucle blonde qui vient de déplacer quelques grains de sable ferreux. Ensemble, ils caressent le savon-dôme (le savon sec) et s'approchent des fibres du bandage déroulé.

À l'observation d'un fragment, une forme de « rêverie matérielle »¹ s'active et invite à imaginer la partie manquante des objets observés. D'où viennent-ils ? Quels ont été leurs parcours ? Quelles ont été leurs fonctions ? De quoi sont-ils composés ? Contempler l'état de leurs présences, les cicatrices qui les ont formés et les promesses de leurs possibles puis ressentir ce qu'ils éveillent en soi : un souvenir, un sentiment, une sensation, un symbole. Par ces allers-retours entre activités concrètes et surgissements imaginaires (ou mémoriels), qu'une dramaturgie que je nomme dramaturgie des proximités se tisse.

L'œillet qui soutenait le bateau fait sonner la bouteille rectangulaire aimée par son buveur. Il la gardait près de son corps, collée à sa hanche droite pour se réchauffer l'intérieur lors des journées froides. L'œillet du bateau épouse le coin de la bouteille du buveur. Il oscille. En suspens. Et poursuit en glissant le long de l'arête latérale.  Une main a été moulée par le gant de son travail. Le gant est sale, d'une saleté en union à l’ouvrage. Des épines sont nouées, formant un bouquet d'épines ; à son oreille se trouve une boucle au bout de laquelle pendouillent des hiboux laiteux. C'était pour des soirées festives que les hiboux laiteux frôlent le cou. À la fin de la soirée, il retournait dans le boîtier sombre, gardé près du lit.

Cette performance se déploie comme une invitation à l’intimité, rapprochant les corps, les regards et les matières pour ouvrir un espace d’attention où le moindre contact devient signifiant. Il s’agit alors de ralentir, d’écouter ce qui se trame entre les choses, et de reconnaître les présences qui appellent à être regardées.

¹ Bachelard, G. (2004). “La terre et les rêveries du repos.” Mayenne : Librairie José Corti.

Remerciements

Maude Arès souhaite remercier Simon Labbé et Erin Hill, avec qui ce projet s’est développé dans un esprit de collaboration étroite et de confiance, nourri par l’amitié, la générosité et l’engagement partagé autour de La pomme par laquelle je bois. Elle remercie également Guillaume Houët et Catherine Fournier-Poirier pour leur accompagnement dans le développement de l’éclairage.

Elle tient à souligner la contribution de Fanny Brossard-Charbonneau, Isabelle Darveau, Geneviève Philippon, Élise Anne LaPlante et Dominique Rivard, pour la justesse des mots, la qualité des images en mouvement et la complicité qui ont nourri le processus de création. Elle remercie également Daniel Pelchat, Rebecca Rehder et Frédérique Roy pour leur sensibilité et leur présence attentive tout au long du projet.

Elle remercie l’équipe d’AXENÉO7 ainsi que les résidences Recto-Verso pour leur accueil et leur engagement dans cette coproduction, qui a permis au projet de se déployer et de cheminer.

Enfin, elle remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada, Atelierhaus Salzamt (Autriche) et KUNSTSAMMLUNG (Autriche) pour leur soutien. Ce projet a bénéficié du soutien financier du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec, dans le cadre des programmes Explorer / Créer et Production, ainsi que de l’appui d’AXENÉO7, qui a permis d’explorer de nouvelles formes de partage de la pratique avec le public.

Biographies

Maude Arès
Maude Arès est une artiste interdisciplinaire. Prenant la forme d’installations, son travail se dissémine en sculpture, performance, scénographie et dessin. Sa pratique artistique explore les relations sensibles entre des matériaux trouvés et crée des environnements vulnérables, invitant à observer les subtilités des mondes tangibles. Elle réfléchit à la performance des matières et des gestes qui les animent, tentant de mettre en lumière les rapports d’interdépendance, visibles et invisibles, entre humains et non-humains. Ses projets ont été présentés au Canada et en Colombie dans des centres d’artistes et des théâtres ainsi que dans le cadre d’événements.

Erin Hill
Erin Hill est artiste en danse, autrice et accompagnante à la naissance. Sa pratique est ancrée dans une discipline quotidienne et dans la création de relations avec des protagonistes écologiques, tels que le soleil (Sunrise Commitment, 2018) et les phénomènes météorologiques (Deep Gazing, en cours). Erin est également cofondatrice de The Sisters of the Celestial Order of Nephology, un projet développé avec sa collaboratrice de longue date Nina Vroemen sous le nom de Horizon Factory.

Plus récemment, sa pratique s’intéresse aux formes de communication au-delà du langage verbal dans les relations interespèces, un champ de recherche qu’elle explore dans le cadre d’un doctorat en sciences humaines à l’Université Concordia. En tant que dramaturge et autrice, elle a collaboré avec les artistes en danse Sebastian Kann, Lucy M. May, Charlie Prince, Camille Lacelle-Wilsey, entre autres. Erin est titulaire d’une maîtrise du DAS Theatre (anciennement DasArts) à Amsterdam et vit à Tiohtià:ke / Mooniyang / Montréal, en tant que personne allochtone.

Simon Labbé
Simon Labbé développe une pratique hybride autour du geste de l’écoute articulée par la composition pour des contextes de performances, d’installations, d’écriture, d’enregistrement et d’interventions dans l’espace public. Il s’intéresse particulièrement au caractère situé de l’écoute ainsi qu’aux espaces qu’elle déploie. Il investigue et active les environnements et les trajectoires qui les composent au moyen de field-recordings, de scores /chorégraphies et de dispositifs spatiaux. Son travail a été actualisé localement et à l’international à Mexico (Cubo), Berlin (Sacred Realism), Bruxelles (Q-O2), Amsterdam (DNK Days), Klangenfurt (Lakeside), Boston (Co-incidence). Il a bénéficié du support du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des Arts et des Lettres du Québec à plusieurs occasions et a participé à plusieurs résidences au Canada et à l’étranger. Il vit et travaille à Montréal.

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