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Crédit photo : Alexis Bernard, avec l'aimable autorisation du Centre Clark.

Feu de joie

Exposition collective

Exposition

Cette exposition s’inscrit dans le cadre d’une résidence croisée entre le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), AXENÉO7, Nantes Métropole et Le Lieu Unique (Nantes, France), ainsi que d’une collaboration avec le Centre CLARK, l’Atelier CLARK et BONUS, Les ateliers d'artistes de la ville de Nantes.

Feu de joie

Avec Feu de joie, Clélia Berthier invite Rose de la Riva, Rebecca Ramsey, Myriam Simard Parent, Manon Tourigny et Amber Berson à prendre place à ses côtés. Au sein de l’exposition, elles mettent en présence des objets fonctionnels, des outils rendus inopérants et des formes héritées du quotidien. Par leur mise en relation, ces objets, comme les pratiques des artistes réunies, portent des mémoires collectives et intimes de travail, de soin, de classe, de labeur domestique et de rapports de genre. Par son attention aux usages, l’exposition ouvre un dialogue entre ce qui sert et ce qui s’affranchit du service.

Chez C.B., la rondeur traverse les bagels, le four, le cercle des personnes réunies, mais se prolonge aussi dans les corps, la bouche, le ventre, les cycles et les déplacements. L’artiste conçoit un mobilier aux doigts métalliques qui soutient les corps autant que les œuvres : il organise des proximités, accompagne les gestes de préparation du pain et autorise des glissements entre l’intérieur et l’extérieur, entre l’œuvre et l’usage, entre la sculpture et l’outil.

Cette porosité entre art et labeur traverse aussi la position de C.B. En sa qualité d’hôte, elle invite depuis sa pratique d’artiste, dans une reconnaissance du travail de ses pairs. Elle rappelle en cela les premiers conservateurs liés à la ferme expérimentale d’Ottawa, dont le Dr William Knight, conservateur de l’agriculture et des pêches chez Ingenium, nous confiait qu’ils étaient eux-mêmes des gens du métier. Ils connaissaient le travail, et non seulement les formes des objets.

Chez R.R., le travail formel se déplace vers les architectures du soin, de l’intime et de la circulation. À travers la céramique, elle rapproche tuyaux, organes, réseaux domestiques et formations minérales, faisant apparaître le corps et le bâti comme des infrastructures vulnérables. Ses œuvres rappellent que le soin n’est pas seulement une relation, mais aussi une organisation matérielle, faite de passages et de conduits.

Avec le zine Souper spaghetti, M.T. et A.B. prolongent cette économie du partage sous la forme d’un livre de recettes. L’œuvre fait de la recette une archive domestique et affective : non pas seulement une méthode de préparation d’un plat, mais aussi une manière de transmettre des gestes, des mémoires et des relations.

Chez M.S.P., cette réflexion sur les objets utilitaires se taille directement dans le bois. En rejouant dans la matière des formes associées au quotidien et au domestique, l’artiste déplace les usages attendus d’une pratique traversée par des codes artisanaux et genrés. Les objets qu’elle rend inopérants suspendent leur fonction sans en effacer la mémoire. Ils font apparaître les tensions entre art et artisanat, travail et domesticité.

Chez R. de la R., quelque chose vient troubler la table. Certaines matières nourricières n’y apparaissent pas seulement comme aliments ou symboles de partage, mais comme des formes chargées d’histoires. Entre humour et gestes symboliques, son travail introduit dans l’exposition une forme d’instabilité, où le geste nourricier se double d’une part d’ombre, d’une mémoire sorcière. Présentée lors du vernissage, sa performance laissera des traces qui participeront ensuite à l’exposition.

Feu de joie propose ainsi une lecture de l’exposition comme un espace d’activation plutôt que comme un simple lieu de présentation. À l’occasion du vernissage, C.B. propose aussi un service devenu performance, où les gestes d’accueil, de préparation et de distribution rejouent les codes du travail et de la convivialité. Cette mise en scène introduit une part d’ironie : un léger décalage qui empêche l’hospitalité de devenir une image trop lisse d’elle-même. Pour l’artiste, la convivialité n’est pas ici une valeur consensuelle, mais bien un terrain d’essai.

Si Feu de joie est aujourd’hui apprêté par le vocabulaire administratif pour désigner l’autorisation requise pour allumer un feu hors du foyer domestique, le titre invoque ici l’image d’une communauté réunie, rappelant l’histoire des usages collectifs du feu, mais aussi celle des gestes qui préparent, nourrissent et rassemblent.

Clélia Berthier
Clélia Berthier est une artiste plasticienne basée à Nantes en France. Elle développe une pratique autour d’installations et de sculptures performatives liées à des matières comestibles comme le pain, le maïs ou le riz. Ce qui l’intéresse, ce sont les gestes et les usages autour de la nourriture, les formes que cela produit, mais aussi les expériences que cela génère. Elle a suivi une licence et un master en arts plastiques à l’université Rennes 2 avant de rejoindre l’École des Beaux-Arts de Nantes, où elle a obtenu un DNSEP en 2019.

Elle rejoint les Ateliers Bonus en juillet 2021, reçoit le Prix des arts visuels de la Ville de Nantes en 2023, bénéficie d’une résidence au Centre d’art et de diffusion Clark à Montréal en 2024 et est invitée par Bertrand Godot pour sa première exposition personnelle au centre d’art Contemporain Le Carré à Chateau-Gontier en septembre 2025.

Rose de la Riva
Rose de la Riva est une artiste visuelle et travailleuse culturelle née à Tiohtià:ke / Mooniyang / Montréal. Par une pratique performative et multidisciplinaire, son travail s'étend de la performance à la sculpture, en passant par l'installation, la vidéo et le dessin. Cherchant à développer une compréhension plus approfondie, nuancée et incarnée de l’histoire, elle s’interroge sur les fondements de nos imaginaires collectifs et le rôle de la peur, de l’instabilité économique et de la vulnérabilité émotionnelle dans la formation de croyances magiques. Créant un dialogue où les éléments formels et symboliques s'entremêlent, ses œuvres se situent à l'intersection entre le matériel et l'immatériel, reflétant la nature des objets et leur matérialité.

Depuis 2016, ses projets et ses performances ont été présentés au sein de centres d'artistes (Verticale, Le Lieu, DRAC, Skol, Fonderie Darling), galeries (Art Mûr), festivals (VIVA! Art Action, Festival des Faubourgs), résidences (LA SERRE – arts vivants, Atelier de l'Observatoire de Casablanca), appartements et terrains vagues. Elle est titulaire d’une maîtrise en Studio Arts de l’Université Concordia (2025).

Rebecca Ramsey
Originaire de Colombie-Britannique, Rebecca Ramsey est une artiste qui vit actuellement à Montréal. Elle est titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Emily Carr (2017) et d’une maîtrise en beaux-arts de l’Université Concordia (2024). À travers la céramique, son travail explore les chevauchements entre les systèmes circulatoires du corps et l’architecture. En 2023, elle a reçu une bourse de voyage William Blair Bruce pour mener des recherches en Europe et visiter d’anciens sites hygiéniques à Rome. Elle a également participé à des résidences à Guldagergaard, au Danemark (2017), à Medalta, à Medicine Hat (2018, 2026), au Shadbolt Centre for the Arts, à Burnaby (2018) et à Est Nord Est, à Saint-Jean-Port-Joli (2025).

Son travail a été exposé au Projet Casa, à Artch 5th Edition, à la Canadian Clay and Glass Gallery, à la Leonard and Bina Ellen Gallery, au DRAC (exposition solo, 2024), au Centre d'art et de diffusion CLARK (exposition solo, 2025) et chez Nicolas Robert. Elle dirige un petit atelier de céramique à Montréal dédié à la sculpture et à l'enseignement, en plus d'enseigner à temps partiel au département de céramique de l'Université Concordia.

Myriam Simard Parent
Myriam Simard-Parent est une artiste visuelle pratiquant la sculpture sur bois. Elle est née et vit présentement à Montréal. Elle crée ses œuvres à partir de techniques artisanales, telles que la taille directe et le tournage, ainsi que de multiples techniques d’assemblage. Ses œuvres sont réalisées avec des essences indigènes et du bois recyclé, et témoignent d’une sensibilité envers les différentes couleurs et textures propres au matériau. Par une approche stylisée et humoristique, Simard-Parent représente et détourne des éléments de son quotidien ou provenant de souvenirs : vêtements, nourriture, animaux, etc. À travers sa pratique, le bois devient un lieu de réflexion sur notre rapport aux objets, aux êtres vivants, à la culture populaire et à la place qu’ils occupent dans nos identités.

Titulaire d’une maîtrise en sculpture et céramique de l’Université Concordia, Myriam Simard-Parent a présenté son travail dans de nombreuses expositions individuelles et collectives au Canada, en France et aux États-Unis. Ses expositions solos récentes comprennent Parc à chiens à Caravansérail (Rimouski, 2024) et Mai(s) encore au Collectif Bonus (Nantes, 2024), à l’issue d’une résidence de création. Elle est présentement en résidence pour une période de huit mois au musée d'art contemporain de Montréal dans le cadre du programme « Habiter le MAC ».

Manon Tourigny
Manon Tourigny est née, vit et travaille à Tio'tia:ke / Mooniyang / Montréal. Détentrice d’une maîtrise en études des arts de l’UQAM, elle est commissaire et autrice. En 2024, elle a publié le conte Il était un lac au rat musqué illustré par l’artiste Fanny Mesnard (L’Écart, Rouyn-Noranda). Depuis 20 ans, elle s'implique dans le milieu des arts visuels, notamment à VIVA! art action, DARE-DARE et au Centre CLARK. Elle poursuit actuellement des études à temps partiel en création littéraire à l’UQAM, s’implique sur le conseil d’administration du REPAIRE et occupe le poste de directrice générale et artistique d’Artexte.

Amber Berson
Amber est actuellement directrice générale du Centre des arts visuels à Montréal. Amber Berson est écrivaine, commissaire d’exposition et historienne de l’art. Elle est titulaire d’un doctorat de l’Université Queen’s, où ses recherches, financées par le CRSH, portaient sur la culture autogérée par les artistes et la pensée féministe et utopique. Pendant son temps libre, Amber Berson travaille sur des projets liés à l’équité des connaissances, notamment dans le cadre du projet Wikipédia Art+Feminism, où elle a occupé diverses fonctions pendant une décennie et dont elle est aujourd’hui membre du conseil d’administration. De plus, elle a été Wikipédienne en résidence à la bibliothèque de l’Université Concordia en 2019-2020. Outre son travail de commissaire d’exposition, les écrits de Berson ont été publiés dans diverses revues, notamment Canadian Art, C Magazine, Revue .dpi, Esse, Fuse Magazine, M/Other Voices, Vie des arts, The Creative Independent et le St Andrews Journal of Art History and Museum Studies.

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