Trois images superposées : une photographie d'une partition musicale&#x3B; une feuille de papier qui est inscrit "On it we gathered in the pockets of time"&#x3B; une photographie d'une oeuvre imprimée sur du textile.

Hannah Azar Strauss

Artiste en résidence

Autorésidence

Ce projet d'Autorésidence fait suite à l'Appel à propositions de l'automne 2022.

tongue breaks [rupture de la langue]

La traductrice Emily Wilson écrit au sujet de la traduction d’Anne Carson de l'œuvre de Sappho If Not, Winter: Fragments of Sappho [Sinon l’hiver : Fragments de Sappho] : «  Et ainsi, le texte se brise. Ce qu’il y a de formidable dans cette traduction, c’est sa pauvreté. À la différence d’autres traducteurs, Carson n’ajoute pas de pronoms possessifs ou d’articles définis qui ne sont présents en grec. La locutrice de Sappho ne peut plus reconnaître sa langue comme étant « ma » langue ; ses yeux, ses oreilles et sa peau ne lui appartiennent plus. » Et plus loin : « Le moi se désintègre alors que la locutrice observe et répertorie ses propres symptômes contradictoires, jusqu’à ce que la « langue se brise » et qu’elle ne puisse plus ni voir, ni sentir. »

Ma résidence est un effort pour suivre cette ligne de pensée au sujet de la brisure ou de la « rupture de la langue », et où elle pourrait mener en regard du langage, de la traduction et du deuil. En m’inspirant d’une riche tradition de théorisation de l’intraduisible et à la défaillance nécessaire de la parole à être ou à rester intacte où que ce soit, je lirai, j’écrirai, et je faciliterai une série d’ateliers invitant le public à engager dans des procédés de traduction collective et conversationnelle (multimodale).

La résidence s’inspire d’un autre projet en cours, intitulé Storage [Entreposage], qui a commencé par la fabrication d’une veste faite à partir de poches (fabriquée par Elliott Elliott), conçue comme un site de publication. J’ai invité Ivetta Sunyoung Kang à écrire un texte destiné à être intégré au manteau, qui répondait à l’un de mes propres textes. J’ai ensuite invité Joyce Joumaa, Brandon Brookbank et Diyar Mayil à répondre au texte d’Ivetta en créant des objets de la dimension des poches du manteau. Ce processus de relais est le modèle des méthodes de cette résidence.

— Hannah Strauss

Hannah Azar Strauss est une artiste vivant à Tiohtià:ke/Mooniyang, aussi connu sous le nom de Montréal. Travaillant principalement avec le dessin, l'impression et les livres expérimentaux, sa pratique explore l'éloignement linguistique, les gestes quotidiens et la culture de la mémoire à travers les archives. Son plus récent travail s’est principalement développé à travers de lents projets itératifs, inspirés par le procédé de traduction. Elle enseigne au Collège Vanier en communications, médias et en arts visuels.

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