canadas_laurebourgault_supreme

canadas

Laure Bourgault

Exposition

…elle offre une image authentique[!] de la scène canadienne
aux Canadien
[ne]s et aux habitant[e]s des pays étrangers…

En 1970, le bureau fédéral de la statistique publie le livre Canada 1970,
la trente-neuvième revue officielle de la situation et des progrès sociaux, économiques et culturels de l’état canadien.

Le pays, le peuple, l’économie… l’histoire raconte un grand espace harmonieux et ouvert sur le monde, où les promesses de l’industrie participent à modeler le sol et les corps à leur image; un pays où les rayonnages des supermarchés rejoignent des latitudes encore inégalées.

Le pays narré en vues aériennes et en tableaux statistiques se présente comme une synthèse optimiste, le portrait unifié d’un territoire où la diversité des formes de vie et la complexité des expressions culturelles se voient simultanément louées, soulignées, aplaties et balisées.

Prenant ancrage dans les pages lustrées de la publication officielle, l’exposition canadas pose un regard sur les images et les textes utilisés pour mettre de l’avant cette vision moderne de la canadienneté. Dans l’exposition, les photographies et les mots sont extraits, puis transformés par le temps de la peinture et de l’écriture poétique, dans l’espoir que par ce détournement nous puissions mieux les voir. Que nous puissions mieux comprendre les rouages de ce récit impérialiste et, peut-être, les déjouer en les rejouant, en les réinterprétant.

S’il est question de mise en scène, peut-on parler d’un théâtre de la nation,  alimenté par une rhétorique fédérale aux aspirations d’authenticité?
Cinquante ans plus tard, comment interagir avec cet héritage complexe,
avec ce qui demeure et agit, encore?

— Laure Bourgault

Laure Bourgault vit et travaille à Tiohtià:ke / Mooniyang / Montréal. S’intéressant aux nœuds liant l’imaginaire et le politique, ses projets artistiques réactivent des documents d’archives par le biais de performances, de films documentaires, d’installations ou de dessins. Elle détient une maîtrise en histoire de l’art de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et a présenté son travail notamment à L’Œil de poisson (Québec), à Regart (Lévis), à l’Arxiu Comarcal d’Urgell (Catalogne) et à la galerie Justina M. Barnicke (Toronto). Depuis 2018, elle coédite la revue Cigale, dédiée à la publication d’écrits d’artistes contemporain.e.s.

Partenaires